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Drash Mag

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interview : BCP

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GRAFFITI

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BCP a gravé ses initales dans l’histoire du graffiti de la capitale. Rendez-vous
dans un squat avec le collectif mythique

Int. par : Selena Scalzo & Fegy
photos : Vivian Hertz

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BCP au début, c’était quoi, c’était qui?

On hésite entre 1988 et 1989. Les fondateurs sont Sam et Zone, suivis de Eros, Mean, Sachan, Sharon, Reox, Deh, Rage, Keso, Saiz, Zeom, Dekor, Defo, Nelio, …

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Vous êtes le plus vieux crew de graff qui existe en gros...

En Belgique oui. On croise des gens qui ont commencé en même temps que nous, on est pas les plus vieux, on va dire qu’on a un âge respectable.

°

Vous avez encore des contacts avec le milieu?

On a autant de contacts aujourd’hui avec les autres crews qu’on en avait à l’époque, c’est-à-dire pas des masses. On a toujours fait notre truc de notre côté. On s’en foutait un peu des règles, du carcan. Au tout début, le milieu était assez hip hop, ce qui était pas notre cas. On a encore des contacts, mais c’est pas phénoménal par rapport au nombre de peïs qu’il y a. Beaucoup de gens ne nous connaissent pas et c’est très bien comme ça.

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Que signifie BCP au départ?

Bombers of Crimes Posse. Au niveau syntaxe, en anglais, ça veut rien dire, ça c’est certain. Mais à ce temps-là, on avait pas mieux. ça c’est le premier nom. On a envisagé de faire PCP avant BCP, mais c’était plus compliqué. On a bien fait car les PCP sont à Paris. Et avec BCP, il y a un paquet de déclinaisons. On en trouve encore maintenant: Bums can paint, Because Crime Pays, ...

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Très peu de nouvelles têtes sont rentrées dans le crew en 20 ans. 
Vos critères sont si exigeants?

Oui et non. On est passé par une période où c’était nous et puis c’est tout, on s’en foutait qu’on continue ou qu’on continue pas, que ça perdure ou pas. On a jamais été dans le milieu, à fréquenter les gens. Et puis il y a la différence d’âge aussi : ceux qui peignent aujourd’hui sont nés après que l’on ait commencé! Et puis il y a ceux qui voulaient absolument faire partie de BCP. Parce qu’on fait partie des gens qui leur ont donné l’envie de peindre. Et ils étaient probablement du même quartier.

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" ceux qui peignent aujourd’hui sont nés

après que l’on ait commencé! "

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Comment ça se passe quand quelqu’un veut rejoindre les BCP?

On est pas une organisation structurée selon les standards classiques. ça a beau être un tueur, si un de nous est pas d’accord, ça ne passe pas. Il faut qu’il y ait un feeling, une affinité qui ne soit pas limitée à la peinture. On a déjà essayé ça et ça n’a pas toujours donné ce qu’il fallait.

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Vous avez des projets?

On est plus actifs l’été. Depuis qu’on a recommencé, on fait ça pour le plaisir. Certains grapheurs n’ont p’tet pas compris qu’on fait ça pour s’amuser. On a plus envie de prouver quoi que ce soit. Allez, on prouve que les vieux sont toujours là, aux nouveaux qui savent pas qui on est.

°

Vous trouvez que le graff a beaucoup évolué en 20 ans?

Tout a changé. Le matos, tout est accessible aujourd’hui. Tu veux des fat caps, des skinny, tout est là. Avec Internet, tout est visible, tout se sait. La pression des bombes a aussi changé, tu peux faire des trucs très fins, dégrader des couleurs. C’est bien, mais de nouveau, on parle de clichés oldschool, newschool. La base est toujours là. Ce qui a fait le succès.

°

Parlons un peu de cette pièce avec les gobelets...

Alors les gobelets, c’est toujours la recherche... la peinture c’est bien, mais quand tu n’as pas de mur, tu fais quoi? Un truc en hauteur tu sors les perches, un espace grillagé, tu fais comment? Tu peux essayer de le peindre, y a moyen mais faut peindre au moins 200m sur 10m de haut pour que cela se voit. L’idée des gobelets, que ça plaise ou pas, c’est que les lettres soient là. Le premier que j’ai vu faire ça c’est Deh. Je trouvais ce qu’il faisait un peu trop petit. On a fait un truc un peu plus stylé, qui a tenu jusqu’à une tempête, où il a un peu volé dans tous les sens. ça s’est vu, ça plaisait, on va ptet recommencer. Avec un contour, de la 3D. Pour pousser plus loin.

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" on prouve que les vieux sont toujours là,

ux nouveaux qui savent pas qui on est. "

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Il y a d’autres techniques de marquage?

Le problème, c’est que tu peux toujours trouver plein de manières de faire, mais il faut mener le matos sur place. D’autres techniques il y en a, mais les gobelets tu te fais pas chier, et il a pas mal d’endroits où c’est vachement visible.

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Tu penses quoi des gars qui défoncent avec leur exctincteur?

C’est pas nouveau. Esthétiquement parlant, c’est rarement beau. C’est grand, ça impose, mais c’est vraiment salopé. Mais ça frappe. C’est chouette le côté bricolage.

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Il y a quelqu'un à Bruxelles qui déchire pour vous à l’heure actuelle?

Il y a Idiot, pour ce qu’il fait, la fréquence à laquelle il peint, les endroits qu’il tape. Il y a Crayon, toute sa bande, ça devient bien, maîtrisé. Dans le haut de la ville, il y a des devantures de nightshops. Du triple couleurs, double contour de haut en bas, chapeau. Le résultat est réussi.

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Une anecdote?

On avait fait un fanzine de graff à Bruxelles. On se baladait beaucoup, on allait à Paris, à Amsterdam, un peu partout. Chaque fois que l’on allait quelque part, on en laissait quelques-uns, et Bando ( CTK ) a vu le fanzine, avec l’adresse de Dan et il est venu jusque Bruxelles. Il est rentré dans l’ascenseur, il a fait “Bando CTK”, au dessus, et il est reparti, on ne l’a plus jamais entendu. C’est un peu le même état d’esprit que nous : il vient, il fait son truc, rien à cogner des autres. C’est un style.

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tags: drashmag - bcp - graffiti
Saturday 12.29.12
Posted by Drash Mag
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